Saison 25/26 > Musique > SAINT-OMER JAAZ FESTIVAL • Piano Voix
Musique
Annick Tangora & Alain Jean-Marie
Annick Tangora (voix) & Alain Jean-Marie (piano)
Chanteuse, auteur, compositeur, Annick Tangorra compte aujourd’hui parmi les plus émouvantes voix du jazz et des musiques du soleil. Ses atours sont issus d’un travail de taille, entamée très jeune du chant classique au piano via la guitare. Elle a aussi bourlingué pas mal, notamment au Brésil et aux Antilles pour aller renifler de près la marmite des musiques métissées dans laquelle elle a dû tomber un jour, étant petite, sur le port de Marseille. Elle a fait de la route sur scène aux côtés de pointures tel que le pianiste Alain Jean Marie, l’organiste Emmanuel Bex, le trompettiste arrangeur Ivan Jullien. Sur ce chemin de carrière elle a fini par franchir le pont entre l’interprétation et la composition. À la clé ? Trois albums de compos dont le dernier « Springtime », sorti en 2014, réalisé et arrangé avec le pianiste martiniquais, Mario Canonge.
Personnage aussi discret qu’inspiré, Alain Jean-Marie possède la subtilité harmonique, l’assise rythmique, l’amour de la phrase mélodique et le sens du toucher qui sont la marque des grands pianistes, et le distinguent à l’évidence comme un des solistes majeurs de la scène européenne. Sollicité par les plus grands (de Chet Baker à Lee Konitz en passant par Abbey Lincoln et Barney Wilen), Alain Jean-Marie s’est imposé internationalement comme un artiste majeur du piano be-bop. Musicien discret et subtil, réputé pour son assise rythmique et son amour de la phrase mélodique, il a notamment reçu le Prix Django Reinhardt 1979 et le Prix Boris Vian 1999 de l’Académie du Jazz, le Django d’Or 2000, et le Prix “Coup de coeur” 2008 de l’Académie Charles Cros. Né en 1945 à Pointe-à-Pitre, Alain Jean-Marie apprend le piano en autodidacte dès l’âge de huit ans. Adolescent, il fait ses débuts professionnels dans les bals en Guadeloupe, et en particulier au sein de l’orchestre de Robert Mavounzy. En 1973, Alain Jean-Marie s’installe à Paris. Rapidement reconnu comme un partenaire de premier choix, il est abondamment sollicité depuis lors, et accompagne régulièrement les plus grands : Chet Baker, Sonny Stitt, Art Farmer, Johnny Griffin, Lee Konitz, Bill Coleman, Max Roach, Christian Escoudé…
Prix Django Reinhardt en 1979, il accompagne régulièrement la chanteuse Dee Dee Bridgewater à partir de 1986, époque à laquelle elle le sollicite pour accompagner son spectacle consacré à Billie Holiday, « Lady Day ». La même année, Alain enregistre en duo avec le contrebassiste Niels-Henning Orsted Pedersen (Latin Alley – 1987). En 1990, il enregistre à New York sur l’album « The World is Falling Down » d’Abbey Lincoln, aux côtés de Jackie McLean, Billy Higgins et Charlie Haden. A cette époque il joue et enregistre également fréquemment avec Barney Wilen. En 1991, il enregistre en trio avec Henri Texier et Aldo Romano (« The Scene Is Clean » – 1991). Avec Michel Graillier, il enregistre à cette époque deux superbes albums de duos de pianos, « Portrait in Black and White » et « Oiseaux de Nuit ».
En 1992, il enregistre Biguine Reflections, un disque qui sera suivi de cinq autres opus dont le dernier est sorti en 2013. Avec ce trio, il trouve l’accord parfait entre les apports harmoniques, mélodiques et rythmiques du jazz et des musiques caraïbes, qui nourrissent son parcours singulier. Il puise ici dans ses racines antillaises et rend hommage aux fondateurs, Al Lirvat, Robert Mavounzy… Parallèlement, Alain Jean-Marie se produit en trio plus strictement jazz, avec Gilles Naturel et John Betsch (Lazy Afternoon – 2000). Alain Jean-Marie travaille également en solo, et enregistre en 1999 « Afterblue », pour lequel il reçoit le prix Boris Vian de l’Académie du Jazz (1999 – meilleur album de jazz français) et le Django d’Or (2000 – meilleur musicien français de jazz). Alain multiplie les concerts et devient également l’un des piliers incontournables de la rue des Lombards. C’est en 2004 que Alain Jean-Marie publie son deuxième disque solo « That’s What » (Label Elabeth), consacré à un répertoire de standards auxquels il ajoute sa touche harmonique originale et son phrasé léché.
En 2019 sort l’album « Pensativa », un hommage à la rêverie féminine articulé principalement autour de standards du jazz et de compositions de grand jazzmen contemporains. L’album reçoit 4 étoiles par Jazz Magazine. On y retrouve, aux côtés d’Alain Jean-Marie, Darryl Hall (contrebasse) et Lukmil Perez (batterie).
Alain est une source d’inspiration intarissable pour de très nombreux musiciens, des deux côtés de l’océan.